Un regard sur l'Iran

 
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IRAN

Héritier de l'ancienne Perse, Iran (officiellement la République islamique d’Iran) est un pays au sud-ouest de l'Asie. Avec ses 1,648,195 km², l’Iran représente trois fois la superficie de la France. Il est bordé au nord par l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Turkménistan et la mer Caspienne, à l'est par l'Afghanistan et le Pakistan, à l'ouest par l'Iraq, au nord-ouest par la Turquie, et baigné au sud par le golfe d'Oman et le golfe Persique. Sa capitale est Téhéran.

Situé au cœur du Moyen-Orient, l'Iran est le seul pays de cette région qui soit à la fois vaste, très peuplé, riche en hydrocarbures, et qui forme un Etat depuis la plus haute Antiquité.

Entre les mondes arabes, indo-pakistanais et turc, l'ancienne Perse se différencie des autres pays de la région par son peuplement et sa langue, d'origine indo-européenne (l'Iran fut envahi, comme le nord de l'Inde, par les Aryens), son islam chiite, et par le fait de n'avoir jamais été colonisée – malgré le voisinage au XIXe siècle de l'Empire russe et des Indes britanniques, et malgré la présence militaire des Etats-Unis jusqu'à la «révolution islamique» de 1979. L'Iran d'aujourd'hui reste une puissance régionale de premier plan avec ses grandes villes, son activisme politique et sa richesse pétrolière, sans oublier le prestige de la culture persane, qui a dominé un espace allant du Caucase à l'Inde et à l'Asie centrale.

Géographie naturelle
Les paysages iraniens sont très variés, entre les forêts hyrcaniennes et les rizières subtropicales du Gilan, les steppes froides des hautes montagnes, et le désert absolu et torride du Lut, ou Dacht-é Lut. Dans ce pays de montagnes, l'espace est toujours divisé en deux catégories naturelles: les terres froides d'altitude (sardsir ou yeylâq) et les zones chaudes (garmsir ou qechlâq) où les troupeaux sont conduits en hiver. Les villes et villages sont logiquement situés entre ces deux espaces, sur les piémonts.

Reliefs
L'Iran se présente sous la forme d'un vaste plateau intérieur qui occupe tout l'est du pays. Il est bordé par des massifs montagneux, se prolongeant au-delà des frontières, en Turquie et dans le Caucase à l'ouest, en Afghanistan et au Pakistan à l'est. Situés en position périphérique, ces reliefs correspondent à deux chaînes de montagnes bien différentes. La première, au nord, est celle de l'Elbourz, qui s'étire parallèlement à la rive sud de la mer Caspienne sur environ 80 km de large. Son point culminant est formé par le volcan du Demavend (5 605 m). Les chaînes du Zagros, à l'ouest, s'étendent sur 1 800 km de long et plus de 300 km de large et culminent à 4 540 m au Zard Kuh. D'un point de vue géomorphologique, celles-ci sont plus complexes que l'Elbourz. Leur structure est formée de plissements parallèles, où s'inscrivent des vallées alluviales et fertiles (bassin d'Ispahan et vallée du Kévir ). À l'est et au sud, des chaînes moins élevées séparent le plateau iranien des steppes de l'Asie centrale et de l’Afghanistan. Toutes ces régions montagneuses sont soumises à une forte sismicité. La disposition périphérique des reliefs fait de l'Iran central un espace quasiment clos et fortement continentalité.

Le plateau intérieur, dont l'altitude varie de 1 000 m à 1 500 m, présente deux grands types de paysage. Le premier est constitué par des plateaux désertiques situés dans le centre et l'est du pays. Ceux-ci sont parsemés de dépressions fermées et occupées par des lacs d'eau saumâtre, tandis que les cours d'eau saisonniers se perdent rapidement dans le sable et les rochers. On y trouve deux grands déserts : le Dacht-e Kavir, salé et aride, au nord, et le Dacht-e Lut, encore plus aride, au sud. Le second type de paysage correspond aux piémonts des massifs de l'Elbourz et du Zagros.

Îles
Les îles iraniennes sont, pour la plupart, situées dans le golfe Persique et dans la région du détroit de Hormuz. Elles sont habitées dans leur grande majorité et bénéficient d’une situation stratégique importante. A titre d’exemple, les îles de Hengâm, Qeshm, de la petite et de la grande Tomb d'Abumusa sont impliquées sur le plan géopolitique de la façon la plus nette, puisqu’elles se trouvent sur la route des cargos et des pétroliers qui se rendent dans le golfe Persique. Les autres îles iraniennes ont chacune une importance particulière. Ainsi, l’île de Hormuz, grâce à un sous-sol très riche en ocre et l’île de Khârk, en raison de ses exportations de pétrole. Nous citerons encore les îles de Siri, Lavan, Larak et Kish. La plus grande de toutes ces îles du golfe Persique est celle de Qeshm, dotée de nombreux ports de pêche et de tourisme.

Cours d’eau
La plupart des rivières, qui drainent 67% du territoire, se perdent dans les déserts intérieurs. Ces torrents sont le plus souvent à sec en été, mais plusieurs rivières (Karaj, Zayandeh Rud), bien alimentées par les neiges, sont abondantes et pérennes. Les seuls grands fleuves descendent du Zagros et traversent le Khuzestân: le Karun, partiellement navigable, se jette dans le Chatt al-Arab, alors que la Karkhè se perd dans les marais de la frontière irakienne. Au nord, le Sefid Rud (ou Qezel Uzen), formé sur le plateau iranien, traverse l'Elbourz pour se jeter dans la Caspienne. Pour récupérer les eaux infiltrées dans les terrains détritiques des piémonts, on utilise des galeries drainantes souterraines creusées à la main, les qanat, parfois longues de plusieurs dizaines de kilomètres et profondes de plusieurs dizaines de mètres. Ces canaux apportent l'eau nécessaire aux cultures et aux villages situés parfois en plein désert (régions de Yazd, de Kermân et du Khorasan). La rivière Aras constitue la frontière naturelle entre l’Iran et le Turkménistan.

Mers et lacs
La mer Caspienne, située au nord de l’Iran, est le plus grand lac du monde, et c’est pour cette raison qu’elle a mérité le nom de mer. Le meilleur caviar du monde en est issu. La longueur de celle-ci est de 1260 km, pour une largeur moyenne de 300 km. Le golfe Persique, au sud du pays, a de son côté une superficie de 240 000 km². Il communique, par le détroit de Hormuz qui est doté d’une importance géopolitique vitale et a acquis de ce fait une importance géopolitique de premier plan, avec la mer d’Oman et l’océan indien. La largeur du détroit de Hormuz, depuis la pointe Masnadem en Oman jusqu’à l’île de Hengâm, propriété de l’Iran, est de 50 km. La République Islamique d’Iran, ainsi que les pays de la région du golfe Persique, exploite les immenses réserves pétrolières sous-marines de la région, grâce à l’installation de grandes plates-formes de forage en mer. Les lacs du plateau iranien sont généralement salés ; le plus grand est le lac Orumieh, dans le nord-ouest du pays. Il est navigable. Parmi les lacs de moindre importance, ceux celui de Qom, de Parichân, de Hâmun et de Bakhtégân.

Climat
Le climat de l’Iran est caractérisé par de très grands écarts de température entre les saisons et entre le nord et le sud du pays. De manière générale, les hivers sont froids, sauf dans le golfe Persique, et les étés très chauds, dépassant régulièrement 40°C. Les régions montagneuses ont des hivers rudes, certaines régions étant rendues inaccessibles par la neige pendant de longues semaines. En Azerbaïdjan et au Kordestân en particulier les températures descendent bien au-dessous de zéro entre décembre et février. Par contre, l’été y est bien moins torride que sur les plateaux et dans les plaines où les températures grimpent dès le printemps pour atteindre 45°C ou 50°C en été, notamment dans le Khuzestân et les déserts du centre. Le Khuzestân, qui donne sur le golfe Persique, est également extrêmement humide. La région entre la mer Caspienne et les monts Elborz connaît d’importantes précipitations tout au long de l’année, les montagnes formant un barrage qui empêche les nuages de progresser vers l’intérieur du pays. Les températures s’échelonnent entre 7°C l’hiver et 26°C l’été, avec parfois une forte humidité.

Population
En 2001, la population iranienne était estimée à 66,1 millions d’habitants, soit une densité moyenne de 40 habitants au km². La répartition de la population est toutefois très inégale en raison des contraintes imposées par le milieu naturel. La majorité des habitants se concentre au nord et à l’ouest du pays. Le taux de fécondité, en diminution depuis que le gouvernement s’est engagé dans une politique de contrôle des naissances en 1989, reste élevé, avec 2,02 enfants par femme. Dynamique, la population de l’Iran est également jeune : on estime à 44% la part des iraniens âgés de moins de 15 ans (pour la période 1995-2000) et à 4,6% seulement celle des plus de 65 ans. L’espérance moyenne de vie est de 70 années.

Près de 66 % de la population iranienne est d’origine perse, descendant des Élamites et des Aryens qui s’installèrent dans la plaine centrale entre les XIIe et Xe siècles av. J.-C. et donnèrent son nom originel à la Perse.

La périphérie de l’Iran est peuplée de nombreuses minorités ethniques. Les plus importantes sont les Azéris (25%) au nord-ouest, les Baloutches au sud-est, les Turkmènes au nord-est, les Kurdes (5%) à l’ouest et les Arabes (4%) au sud-ouest. Parmi les autres minorités figurent les Arméniens, les Lors ou encore les Guilaks.Citons également des groupes nomades et turcophones, à l'instar des Turkmènes, des Mazandéranis et surtout des Bakhtiyaris (monts Zagros, bordure de la mer Caspienne) et des Qachqaï, qui constituent les groupes nomades les plus importants au monde, tant par leur nombre (1 million de personnes) que par l'importance de leurs migrations.

Découpage administratif et villes principales
Le pays est divisé administrativement en 28 provinces (ostan) :

Institutions politiques
Après la révolution de 1979, 98% des électeurs se déclarèrent favorables à l’instauration d’une forme de gouvernement islamique, unique en son genre, comprenant trois niveaux de pouvoir.

Le Majlis, ou Parlement, se compose de théologiens de l’islam et de dignitaires musulmans révérés, originaire de tout le pays. S’y ajoutent un représentant de la communauté juive, un zoroastrien et deux chrétiens arméniens. Fort de 270 sièges, le Majlis dispose de réels pouvoirs : il lui revient d’approuver les lois et les mesures économiques, sans en être, généralement, à l’origine ; il peut, en vertu de la Constitution, « examiner et enquêter sur toutes les affaires du pays ». Les Iraniens élisent les membres du Parlement tous les quatre ans, mais les candidatures font d’abord l’objet d’un examen minutieux. Le poste de président de la chambre est occupé en 2005 par M.Haddad adel.

Le Velayat-e Faqih, ou guide de la république islamique est la plus haute instance politique du pays. Le guide, nommé à vie par l’assemblée des experts, a le dernier mot dans toutes les affaires du pays. Il nomme le commandant des forces armées,peut déclarer la guerre, s’opposer au résultat des élections présidentielles et désavouer le président.

Le deuxième niveau de pouvoir, c’est le conseil des Gardiens composé de douze juristes islamiques et experts religieux désignés par le chef suprême, dont la tâche consiste surtout à préserver les valeurs islamiques, à garantir l’absence de corruption au sein du Parlement et à agréer les candidats à la présidence. Les lois votées par le Majlis passent ensuite devant le conseil des Gardiens, qui peut les annuler ou les renvoyer au Parlement pour amendement.

Le président de la République, est élu tous les quatre ans, habituellement parmi quatre candidats ; il dirige le conseil des ministres , nomme les ministres, qui doivent ensuite obtenir individuellement le vote de confiance du Parlement. Il ne peut briguer que deux mandats consécutifs.

Le Conseil du discernement : Cette institution, qui se compose de 25 membres, pour la plupart d’anciens hommes d’État, arbitre entre le conseil des Gardiens et le Majles (parlement).Cette instance a aussi la fonction de conseil supérieur du guide de la république islamique .

Religion
L'islam chiite duodécimain (qui repose sur la croyance dans l'«imam caché», onzième descenant de l'Imam Ali) est religion d'État. Les autres religions monothéistes sont officiellement reconnues .la branche sunnite de l'islam est majoritaire chez les Kurdes et les Baloutches .le christianisme (assyrien ou arménien), le judaïsme et le zoroastrisme sont protégés par la constitution : les fidèles de ces religions forment quatre minorités qui totalisent moins de 2% de la population et disposent chacune d'un député au Parlement. Les autres croyances, comme le bahaïsme, qui a été fondé en Iran au XIXe siècle et s'y est bien développé, sont en revanche interdites.

Machhad, au nord-ouest, est l’un des plus grands centres de pèlerinage du monde musulman. Contrairement aux pays à majorité sunnite, l'islam est peu visible dans la vie sociale et le paysage quotidien en Iran : hormis les grandes prières organisées le vendredi depuis 1979 par le gouvernement, la religion est surtout pratiquée dans le cadre familial ou dans des cercles (dowreh) réunissant des amis ou des adeptes de groupes mystiques qui jouent depuis des siècles un rôle considérable en Iran (confréries Nehmatollahi, Sheykhi, Ahl-e Haqq). La vénération des douze imams qui sont à la base du chiisme est l'occasion de cérémonies populaires comme les processions de flagellants, et surtout le théâtre religieux (ta’zieh) le jour de l'Achoura (mort à Karbala, en 680, de l'imam Hossein).

Langue
La langue officielle de l’Iran et le persan moderne, ou farsi, d’origine indo-européenne, qui fut autrefois le dialecte de la province du Fârs, d’où son nom. Jusqu’à l’invasion arabe au 8e siècle, le persan, alors un persan classique dérivé de formes plus anciennes appelées moyen-perse et vieux-perse, était écrit avec une variante de l’alphabet assyrien, écriture que l’on retrouve dans les inscriptions rupestres sassanides. Au moment de la domination arabe, l’alphabet des envahisseurs fut emprunté pour la langue persane avec de légères modifications pour l’adapter aux exigences d’une langue non sémite. Le résultat est une écriture qui comprend la majorité des lettres arabes mais à laquelle ont été rajoutées quelques lettres. Les mots empruntés à l’arabe sont généralement écrits de la même manière que dans leur langue d’origine mais leur prononciation en persan peut être différente.


Pour des raisons historiques, le persan a été remarqué à trois périodes distinctes ; son développement pendant les deux périodes d'intervention étrangère a été peu enregistré.

Vieux perse
Ancêtre du moyen perse et du persan, le vieux perse a pu être identifié dans certaines inscriptions cunéiformes datant de la dynastie achéménide (550-330 av. J.-C.). Il semble être une langue très désinentielle, mais le vocabulaire préservé est limité.

Moyen perse
Le moyen perse est la langue principale de la dynastie sassanide (226-640 apr. J.-C.). Bien qu'ils aient souvent été conservés dans un état fragmentaire, les documents en moyen perse sont beaucoup plus abondants et variés, et sont en général transcrits dans une écriture adaptée de l'araméen, sans notation des voyelles et comportant des idéogrammes.


Persan moderne
Quelque temps après la conquête arabo-musulmane de l'Iran au VIIe siècle, le persan disparaît pratiquement en tant que langue écrite, alors qu'il continue à être parlé dans la vie quotidienne. Il réapparaît à la fin du XIe siècle avec une version de l'alphabet arabe de base enrichie de quelques signes diacritiques. Si le persan est devenu la langue nationale, d’autres dialectes iraniens, dont le kurde et le balutchi, sont aussi parlés dans certaines régions. L’arabe est parlé au Khuzestân, près de l’Iraq, le turc azéri en Azerbaïdjan et un dialecte turc, le turkmène, dans le nord-est. En plus, il existe un grand nombre d’autres dialectes, surtout parmi les tribus, dont le mâzandarâni et gilaki.

Pour plus d'information sur des mots communs et les expressions usuelles ,veuillez visitez la page de Dictionnaire farsi-français!


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